Membres du groupe
- Earl Young - Batterie
- Larry Moore et Ronnie Baker - Basse
- Lenny Pakula - Orgue
- Norman Harris, James Herb Smith, Roland Chambers et Bobby Eli - Guitare
- Vincent "Vince" Montana, Miguel Fuentes, Quinton Joseph et Larry Washington - Percussions
A l’image de Booker T. & the MG’s chez Stax, des frères Hodges chez Hi, des Meters à La Nouvelle-Orléans ou des Funk Brothers chez Motown, l’orchestre des Sigma Sound Studios à Philadelphie a largement œuvré pour la gloire de la soul locale. A force d’accompagner les principaux artistes produits par Kenny Gamble et Leon Huff dès les années soixante, la section rythmique de Sigma Sound enregistre divers 45-t sous des identités fluctuantes : les Music Makers pour une version instrumentale de (We’ll Be) United des Intruders au début de 1968, Cliff Nobles and Co. Pour The Horse quelques mois plus tard. The Electric Indian pour Keem-O-Sabe en 1969.
Avec la création de Philadelphie International Recording au début de la décennie suivante, la section rythmique s’étoffe peu à peu autour du batteur Earl Young, des bassistes Larry Moore et Ronnie Baker, de l’organiste Lenny Pakula, des guitaristes Norman Harris, James Herb Smith, Roland Chambers et Bobby Eli, des percussionnistes Vincent « Vince » Montana, Miguel Fuentes, Quinton Joseph et Larry Washington, avec l’apport de sections de cuivres, de cordes et de bois très fournies, le tout placé sous la direction de Gamble & Huff ou des arrangeurs Dexter Wansel, Thom Bell, Bobby Martin, Don Renaldo et Vince Montana.
L’idée de mettre en lumière leur savoir-faire instrumental naît en 1973 avec l’album MFSB qui fige l’identité de l’orchestre autour de quatre lettres reflétant l’atmosphère familiale et la cohésion caractéristiques de Sigma Sound : M pour Mothers, F pour Fathers, S pour Sisters, B pour Brothers. Le disque qui va mettre le feu aux poudres en devenant l’un des albums les plus vendus de 1974 s’intitule Love Is The Message ; la plage responsable de ce succès a été baptisée TSOP en l’honneur du style auquel l’orchestre est associé, The Sound of Philadelphia.
La genèse de cette composition de Gamble et Huff remonte à quelques mois lorsque Don Cornelius, producteur de l’émission télévisée Soul Train, fait savoir aux dirigeant de P.I.R qu’il est à la recherche d’un nouvel indicatif, les héritiers de King Curtis ayant refusés de lui vendre les droits de Hot Patatoes dont il se servait jusqu’alors. Les musiciens de MFSB se mettent aussitôt au travail; après une série de tâtonnements, ils mettent au point une plage instrumentale à la fin de laquelle les Three Degrees viennent placer leur voix. Associé à l’émission Soul Train pendant dix ans, TSOP sort en 45-t sous la pression des téléspectateurs pour prendre simultanément la tête du Hot 100 et des charts Soul le 20 avril 1974 avant de devenir disque d’or.
Ce best-seller fait sortir de l’ombre MFSB qui commence par retrouver les Three Degrees pour Love Is the Message, avant d’enchaîner les albums jusqu’à la fin de la décennie sur Philadelphia International. Après Universal Love dont la première plage, Sexy, ne rate que d’une place la tête des classements noirs en 1975, la série se poursuit au cours des mois suivants avec les recueils Philadelphia Freedom et Summertime, pour s’achever en 1981 avec Mysteries of the World, publié sur un nouveau label de Gamble et Huff au nom approprié, TSOP. En raison se da taille importante pusqu’il comprend en moyenne de vingt-cinq à trente musiciens, l’orchestre limite ses prestations sur scène à quelques occasions exceptionnelles, ce qui ne l’empêche pas de continuer à fournir des hits aux principales vedettes du tamdem Gamble & Huff (Teddy Pandergrass, les O’Jays, Jean Carn…) mais aussi aux artistes extérieurs à la compagnie qui ont choisi d’enregistrer à Sigma Sound, comme les Stylistics, les Spinners ou Melba Moore.
Biographie tirée de l'ouvrage Encyclopédie du Rhythm & Blues et de la Soul de Sebastian Danchin, éditions Fayard (2002).