Encyclopédie du Funk, Soul, Disco, R&B...
Accueil Morceau Artiste/Groupe Disque/DVD Video Forum Liens

Biographie et Discographie de Earth, Wind & Fire

Nom : Earth, Wind & Fire
Formé en : 1969 à Chicago
Site officiel : www.earthwindandfire.com

Biographie de Earth, Wind & Fire

Au total, près de cinquante best-sellers étalés sur plus d’un quart de siècle, onze singles classes dans le Top 10 noir dont huit à la place d’honneur, six albums en tête des classements des meilleures ventes, 576 semaines de présence dans les hit-parades, quatre Grammy Awards… le palmarès de cette formation primordiale du R&B donne une idée de son impact sur la musique populaire noire des années 1970 et 1980. A ce titre, le groupe de Maurice White apporte une éclairage très pertinent sur une période charnière qui a vu le R&B passer de l’ère soul à celle du rap, surfant au passage sur la vague disco. Outre l’aspect grandiose et spectaculaire de shows minutieusement réglés par des personnalités du music-hall contemporain comme Stig Edgren (futur organisateur de la venue du pape aux Etats-Unis), Doug Henning (roi de la mise en scène de Brodway) et David Copperfield (spécialiste de la techno-prestidigitation qui faisait apparaître et disparaître les musiciens sur scène au gré de sa fantaisie), Eath, Wind & Fire a surtout innové au plan musical en concoctant une potion bariolée et généreuse, mélange d’arrangements de jazz mordants, de touches funk empruntées à la rue, de ballades soul et de mysticisme gospel, le tout dans un décor égyptologique digne d’un délire hollywoodien. La multiplicité même de ces sources d’inspiration se retrouve dans le parcours personnel de Maurice White, touche à tout de talent qui a successivement gouté à la soul sudiste, au son urbain de Chicago, au jazz commercial et à l’univers africain avant de concrétiser ses fantasmes créatifs.

Originaire de Memphis, ce fils de médecin élevé dans le respect de la religion s’est émancipé du gospel très jeune, intégrant une première formation aux côtés de Booker T. Jones, futur soliste des MG’s. La voie naturelle de l’émigration noire le conduit à Chicago en 1960 où il poursuit des études musicales au conservatoire tout en gagnant sa vie comme batteur de studio. Après avoir participé en 1963 à l’enregistrement de You’re No Good de Betty Everett pour le compte de Vee-Jay, il passe avec armes et bagages chez le principal concurrent de ce dernier, Chess Records. Pendant quatre ans, le savoir-faire métronomique de White contribue à la réussite d’un grand nombre succès signés Etta James, Billy Stewart, Little Milton, mais aussi Muddy Waters, John Lee Hooker, Buddy Guy, Howlin’ Wolf et Chuck Berry. Le jazz, au centre des préoccupations personnelles de White depuis son bref passage dans la formation de John Coltrane, devient son pain quotidien à partir de 1966 alors qu’il intègre le groupe de Ramsey Lewis au lendemain de la défection d’Isaac « Red » Holt. Ce séjour de trois ans dans le trio le plus en vue de l’univers soul-jazz va aiguiser la curiosité de White vis-à-vis de l’Afrique ; en particulier, il revient d’une tournée en Egypte avec un goût marqué pour le métaphysique moyen-orientale, rapportant du Premier Continent une kalimba, sorte de piano miniature dont les lamelles vibrent sous l’action des pouces, qui devient par la suite l’une des marques de fabrique du son Earth, Wind & Fire.

Un premier ensemble constitué en 1969 avec son frère Verdine, les Salty Peppers, lance les bases du projet orchestral auquel White réfléchit depuis quelques mois déjà. Pris sous contrat par Capitol, le groupe ne parvient pas à décoller dans les charts, malgré les ventes encourageantes de La La Time dans la région de Chicago. Pour les frères White, le véritable tournant a lieu à la fin de 1970 lorsqu’ils négocient avec Warner Bross, un accord qui leur permet de s’installer à Los Angeles pour mettre sur pied une formation de dix musiciens. Passionné d’ésotérisme, Maurice White a remarqué que son signe zodiacal, le sagittaire, regroupait trois des quatre éléments ; remplaçant l’air par le vent, il baptise son nouvel orchestre Earth, Wind & Fire. Conformément aux ambitions de White, EW & F n’est pas tant un rassemblement de musiciens qu’une famille dont les membres partagent un même goût pour la macrobiotique et la médiation. Les premières tentatives en studio, sans doute prometteuses, restent trop brouillonnes pour marquer les amateurs de soul qui réservent un accueil en demi-teinte à Earth, Wind & Fire et The Need of Love, les deux recueils publiés par Warner en 1971 et 1972 : malgré la présence sur les charts de Love Is Life et de I Think About Lovin’ You, les dirigeants de Warner finissent par laisser partir White et son équipe chez Columbia an 1973, une décision qu’ils auront le temps de regretter.

Le succès est loin d’être immédiat pour EW & F au sein de sa nouvelle maison de disques. Conscient des lacunes d’une formation qui manque encore de cohésion, Maurice White étoffe sa section de cuivres pour donner une couleur plus chaude à des enregistrements qui mettent en valeur son propre travail vocal et le falsetto acrobatique de Philip Bailey, sur une autre trame rythmique dense, portée par la guitare funk d’Al McKay, Last Days and Time, premier album Columbia d’EW & F publié au moment de Noël 1972, fait à peine mieux que ses prédécesseurs et il faut attendre la sortie de Head to the Sky six mois plus tard pour que le nom du groupe commence à circuler autour des singles Evil et Keep Your Head to the Sky. La force d’EW & F réside dans sa capacité à concevoir ses albums des entités construites et réfléchies, et non pas comme une simple collection de singles. La thématique, l’ordre séquentiels des plages sont des éléments essentiels pour White qui a eu l’occasion d’en percevoir l’importance à force de côtoyer les grands noms du rock et du jazz-rock – Uriah Heep, Santana, Weather Report – dont sa formation assure régulièrement les premières parties en tournée.

Pour devenir à son tour une formation de premier plan, il manque encore à EW & F un hit incontournable susceptible de transcender les frontières de la soul pour toucher tous les publics. L’occasion lui en est donné par le biais d’un projet cinéma, lorsque White est sollicité par Hollywood pour écrire la BO du film That’s the Way of the World, l’histoire d’un producteur de disques (interprété par Harvey Keitel) qui cherche à pousser la carrière d’un jeune groupe inconnu contre l’avis bassement commercial de ses patrons. En plus de tenir leur propre rôle dans le film, White et son équipe partent dans les montagnes du Colorado enregistrer une série de plages dont la plus marquante, Shining Star, explose littéralement sur toutes les radios d’Amérique au printemps 1975, s’imposant à la première place des charts Pop et Soul. Du jour au lendemain, la formation de White se retrouve tout en haut de l’affiche tandis que Hollywood tente de profiter de cette gloire inattendue en rebaptisant son film Shining Star.

Pour EW & F, c’est le début d’une période exceptionnelle, entamée avec les deux millions d’exemplaires vendus de That’s the Way of the World, qui se poursuit dès la fin de 1975 avec la publication de Gratitude, également double album de platine grâce à Sing a Song (N°1 Soul et N°5 Pop) et Can’t Hide Love. Spirit se vend tout aussi bien en 1976 avec Getaway (nouveau Numéro Un Soul), Saturday Nite et On Your Face, ce recueil aux ambitions philosophiques affirmées marquant les adieux du groupe à Charles Stepney, ami de longue date de White connu chez Chess et responsable de la qualité des arrangements d’EW & F depuis le début de la décennie. Quant à All ‘N All en 1977, avec trois millions d’acheteurs et un nouveau hit sept semaines à la première place des charts Soul (Serpentine Fire, un hymne à la force spirituelle du yoga), il donne au groupe un succès qui dépasse très largement le cadre de l’Amérique noire.

Comme Maurice White le déclarait quelques mois plus tôt au magazine Billboard : « Les choses sont en train de changer. Il ne s’agit plus de faire de la soul mais bien de créer une musique capable de plaire à tout le monde. » En pleine euphorie disco, EW & F conserve pourtant une certaine fidélité à ses racines, mais elle est moins flagrante depuis la mort de Stepney et il est indéniable que le succès passe désormais par une dilution des valeurs afro-américaines, comme cela s’était déjà produit à la fin des années 1950 avec l’approbation du rhythm & blues par le rock’n roll. Le meilleur exemple de cette renonciation identitaire est donné par le best-seller suivant d’EW & F, une version revisitée de Got to Get You Into My Life des Beatles qui entre dans le Top 10 Pop pour avoir assuré la rédemption du film disco Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band avec Peter Frampton et les Bee Gees.

Devenu un acteur incontournable du disque, Maurice White entend profiter de son statut pour s’imposer dans le show-business et aider d’autres artistes par la même occasion. A la tête de Kalimba Production depuis 1975, il assure en studio la direction artistique de Deniece Williams, de Ramsey Lewis et des Emotions ; parallèlement, il passe un accord de distribution avec Columbia et crée son propre label, ARC, sur lequel sortent désormais les nouveaux enregistrements d’EW & F, à commencer par une compilation vendue à quatre millions d’exemplaires sur laquelle on trouve un nouveau best-seller, September. L’année de 1979 se poursuit avec I Am sur lequel on trouve Boogie Wonderland, et After the Love Has Gone qui donnent au groupe deux nouveau Grammy.

La cassure est d’autant plus nette alors que le disco s’éloigne et qu’on entre dans une nouvelle décennie. EW & F profite de sa popularité pour continuer sa lancée mais il ne fait guère de doute qu’on assiste à un tournant dans l’histoire du groupe. Conscient de la dérive commerciale qui est la sienne depuis quelques années, White entend redresser la barre avec Faces en 1980. La déception de Columbia , qui a pris l’habitude de voir tout ce que touche EW & F se transformer en platine, n’en est que plus grande lorsque ce double album devient péniblement disque d’or alors que Let Me Talk et You se hissent de justesse dans le Top 10 Soul. Piqué au vif, Maurice White bouscule la composition habituelle de son orchestre en remplaçant son guitariste habituel, Al McKay, par Rolland Bautista et en faisant appel à Wanda Hutchinson des Emotions pour participer à l’enregistrement de Raise !. Tout en conservant la couleur flamboyante qui la caractérise, White donne à sa musique une rugosité inhabituelle, permettant au groupe d’enregistrer ses plus grosses ventes de single avec Let’s Groove, troisième du Hot 100 et en tête des charts noirs pendant huit semaines à la fin de 1981.

Ce feu d’artifice prend des allures de bouquet final alors que les recueils suivants, Powerlight et Electric Universe, ne récoltent que deux Top 10 hits en 1983, Fall in Live with Me et Magnetic. Tout semble montrer qu’il s’agit de la fin de l’aventure pour EW & F qui se sépare. Philip Bailey en profite pour se lancer dans une carrière individuelle qui trouve sa consécration à la fin de l’année suivante avec la sortie de Easy Lover, interprété en duo avec Phil Collins. Maurice White n’a pas autant de chance, seule sa lecture très personnelle de Stand By Me de Ben E. King suscitant les réactions positives du public en 1986 et un album est aussitôt mis en chantier, Touch the World, qui permet à EW & F de renouer avec les charts grâce à System of Survival et Thinking of You. Respectivement placés à la première et à la troisième place des classements Black, ces deux titres n’obtiennent que des résultats très médiocres au Hot 100, confirmant l’évolution des modes. Pour tenter de concilier les publics en louchant du côté du hip-hop, le groupe enregistre Heritage en 1990 avec The Boys et le rapper MC Hammer, mais l’expérience n’est pas concluante, au point que EW & F quitte Columbia pour retrouver la compagnie de ses débuts, Warner/Reprise, avec Millenium. A ce jour, à défaut d’avoir su trouver un nouveau souffle, la formation de Maurice White compte sur les rééditions de ses anciens succès et sur la qualité de ses concerts (témoin l’album Greatest Hits Live enregistré au Japon en 1995) pour poursuivre sa carrière, le recueil In the Name of Love n’ayant trouvé qu’un écho limité à sa sortie sur Pyramid en 1997.

Biographie tirée de l'ouvrage Encyclopédie du Rhythm & Blues et de la Soul de Sebastian Danchin, éditions Fayard (2002).

Compostion du Groupe

  • Maurice White - Chant, Batterie, Auteur/Compositeur, Producteur
  • Verdine White - Basse
  • Philip Bailey - Chant
  • Larry "Dunn" Dunhill - Claviers
  • Al McKay - Guitare
  • Johny Graham - Guitare
  • Andrew Woolfolk - Saxophone, Flûte, Percussion
  • Fred White - Batterie
  • Ralph Johnson - Batterie
  • Micheal Harris - Trompette, Bugle
  • Ramhlee Micheal Davis - Trompette, Bugle
  • Louis Satterfield - Trombonne
  • Don Myrick - Saxophone
Earth, Wind & Fire

Vidéos de l'artiste

Boogie wonderland Clip vidéo
Fall In Love With Me Clip Vidéo 1983
Fantasy Live
September Video Live 1978

Discographie

1971The Need Of LoveEarth, Wind & Fire - The Need Of Love
1971Earth, Wind & FireEarth, Wind & Fire - Earth, Wind & Fire
1972Last Days And TimeEarth, Wind & Fire - Last Days And Time
1973Head To The SkyEarth, Wind & Fire - Head To The Sky
1974Open Our EyesEarth, Wind & Fire - Open Our Eyes
1975That's the Way of the WorldEarth, Wind & Fire - That's the Way of the World
1975GratitudeEarth, Wind & Fire - Gratitude
1976SpiritEarth, Wind & Fire - Spirit
1977All 'N AllEarth, Wind & Fire - All 'N All
1978The Best of Earth, Wind & Fire, Vol.1Earth, Wind & Fire - The Best of Earth, Wind & Fire, Vol.1
1979I AmEarth, Wind & Fire - I Am
1980FacesEarth, Wind & Fire - Faces
1981Raise!Earth, Wind & Fire - Raise!
1983PowerlightEarth, Wind & Fire - Powerlight
1983Electric UniverseEarth, Wind & Fire - Electric Universe
1987Touch the WorldEarth, Wind & Fire - Touch the World
1988The Best of Earth, Wind & Fire, Vol. 2Earth, Wind & Fire - The Best of Earth, Wind & Fire, Vol. 2
1990HeritageEarth, Wind & Fire - Heritage

DVD disponible

2001 - Shining Stars - The Official Story of Earth Wind & Fire
Valid HTML 4.01! Hébergement ProAdmin Remerciements Nous contacter Amazon